Actualité

myrollerderby.com

MA DERBY LIFE

2 nov. 2018
par Sado Majo 4u
Le récit d'une "Fresh" du Roller Derby Liège devenue titulaire

 

Alea jacta est

Contrairement à de nombreuses filles qui ont démarré l’aventure « ROLLER DERBY » grâce au film « Bliss », moi – comme le commun des mortels - je ne soupçonnais même pas l’existence de ce sport.
C’est une amie qui – sachant que je fais du roller depuis toujours toute seule dans les campagnes – m’a proposé de participer avec elle à une initiation de Roller Derby. Elle m’a expliqué que c’était un sport d’équipe et de contacts qui se pratique sur patins à 4 roues (oui, comme dans le temps). Dans son explication, en entendant le mot « Roller », j’étais déjà partante ! Je n’ai donc pas cherché à en savoir plus partant du principe que je verrais bien le jour J et après tout, il ne s’agit que d’une initiation qui n’engage à rien.
En fait, c’est la veille de cette fameuse initiation que j'ai découvert dans quoi je m’embarquais. Lorsque mon compagnon - plus soucieux que moi de savoir dans quoi je me lance - m’a montré une vidéo d’un match. MON DIEU ! Quelle violence ! Non mais là clairement, ma volonté d’approcher ce sport en a pris un coup. Mais trop tard, je me suis engagée, j’irais jusqu’au bout.
 

Fresh Meat Day (ou journée d’initiation)

Des drôles de gens partout ! Mais des gens sympas, ouverts, sans prise de tête, sans jugement, pas de nunuches,… Tout ce que j’aime !
Après la prise de température, l’échauffement commence. On court, on fait des petits jeux, des courses relais… Jusque-là c’est tout mignon, on est toujours en basquets.
Puis arrive le moment de chausser les patins. Moi, bien trop confiante, je me dis que ça ira easy game, je fais du roller en ligne depuis des années avec des patins à 4 roues ce sera plus facile. AH ouais ! Mon œil ! A peine debout sur mes patins, je me vautre face contre terre ! Effectivement, l’équilibre est très différent. Je dois me rendre à l’évidence : sur des patins à 4 roues, je représente un danger pour moi-même. Vive les protections !
L’initiation commence, on apprend à chuter, freiner, se déplacer, se tenir bien bas sur ses patins pour avoir plus d’équilibre (mais aussi chuter de moins haut),… on a même droit à une démonstration de quelques jams et quelqu’un pour nous expliquer ce qui se passe. Là, je réalise qu’il y a un long chemin à parcourir avant de participer à un match. Ouf !
 

Essayons et nous verrons

Chaque chose en son temps. Je décide de me lancer sur le chemin de la maîtrise des patins. Je ne vous raconte pas les premiers mois, les courbatures ! Mon corps n’était que souffrance. Chaque pas était une souffrance. Pendant des mois, je me suis plantée puis relevée. J’ai ragé de ne pas tout maîtriser plus vite. J’ai lâché prise. J’ai tenté de dépasser mes peurs (la principale étant d’effectuer une simple transition). J’ai tenté d’être chaque fois un peu plus maître de mes mouvements. Le tout dans une super bonne ambiance avec des gens géniaux. Quel bonheur de se rendre aux entraînements et de revoir mes nouveaux amis de galère. Sans jugement, sans pression, tous dans le même bateau. On avançait chacun à son rythme dans la même direction.
Lorsqu’après  6 mois, j’ai raté mes minimums skills (examens qui permettent de juger si on n’est plus un danger pour soi, qu’on ne représente pas un danger pour les autres et qu’on connaît les règles du jeu), je me suis déçue (syndrome de la première de classe oblige). Mais d’un autre côté, j’étais contente parce que je voulais rester avec mes nouvelles amies. Et puis, j’ai commencé le Roller Derby pour m’amuser et tisser de nouveaux liens.
Donc hop, je rempile pour 6 mois de Fresh Meat avec une nouvelle fournée de débutants et des nouvelles rencontres. Puis, arrive, à nouveau, cette session d’examens qui t’envoie ou non dans la cours des Grands. Là, je réussis.
 

L’équipe B

Quelle angoisse ! Avec le recul, je suis incapable de lister les sentiments qui m’ont traversé mais ils étaient tous très contradictoires. Je pense que l’excitation a pris le dessus mais j’étais surtout pleine d’appréhension. Intégrer l’équipe B, ça veut dire : tout reprendre à zéro, on recommence tout en bas ! C’est frustrant. Ca veut dire : intégrer une équipe déjà en place qui se connait. Ca veut aussi dire que ça ne rigole plus et que les exigences et le niveau demandés ne sont plus les mêmes. Dans ces conditions, je me suis demandée : Est-ce que ce sera toujours un plaisir de se rendre aux entraînements ? Si je n’évolue pas assez vite, je freine une équipe entière ! Chaque action manquée peut tourner en reproche. J’avoue qu’avant-même d’avoir commencé, l’idée d’arrêter m’a traversé l’esprit.
Mais encore une fois, je me suis engagée. J’irais jusqu’au bout ! Des coachs ont donné de leur temps pour nous faire évoluer. Avançons un entraînement à la fois, la Majo du futur s’adaptera.
Et j’ai bien fait, les filles de l’équipe B ont réservé aux nouvelles recrues un accueil chaleureux et rassurant. Elles aussi se souvenaient de leurs premières fois. Elles aussi sont passées par là. Oui, Rome ne s’est pas fait en un jour. Petit à petit ensemble, nous construirons cette équipe composée de caractères, de personnalités, de susceptibilités, d’objectifs, de motivations, de façons d’aborder ce sport différents. Il va falloir s’adapter mais, surtout et avant tout, se comprendre et apprivoiser les modes de fonctionnements de chacune pour communiquer au mieux et puis trouver sa place.
De mon côté, cette saison prend plutôt les contours d’une période de remise en question. J’en apprends beaucoup sur moi-même. Je découvre un nouveau stress avant et après chaque match que je n’avais alors jamais connu dans ma vie. Je découvre des barrières mentales que je dois repousser. Je découvre de nouvelles peurs. Je constate qu’entre les ordres que mon cerveau donne à mon corps et l’application de ceux-ci par ce dernier, il y a un monde décalage ! J’apprends à ne pas me faire de reproche. J’apprends à me pardonner. J’apprends le droit à l’erreur. Mais surtout je me passionne pour ce sport.
Bref, le Roller Derby, c’est physique, mental, c’est stratégique, c’est passionnant, ça prend dans les trips, ça fait battre mon cœur à la chamade, c’est mon nouvel amour, mon nouveau défi, mon nouveau casse-tête.
Le Roller Derby, c’est une aventure sans fin, une perpétuelle découverte, une éternelle rencontre avec soi-même et les autres. C’est plein de promesses, de victoires et de défaites mais on en sort toujours plus fort.
 
Sado Majo ....4u

 

Le site du Roller Derby Liège: https://www.rollerderbyliege.be/

Vos commentaires

Retour