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Le track de l’interview

12 avr. 2019
par Kylik
Rencontre avec Nasty, une de nos récentes expatriées en Suède !

Aujourd’hui début d'une série de portraits vous invitant à découvrir, ou a suivre, certaines joueuses dans leur pratique du Roller Derby. Pour ce premier numéro, direction la Suède et Malmö, pour échanger avec une de nos récentes expatriées, Nasty, ex Nasty Nurse !

Nous avons pu échanger avec elle au sujet de son récent transfert, de l’évolution du roller derby et de sa pratique.



Salut Amélie, pour les personnes qui ne te connaissent peut-être pas,  peux-tu te présenter en quelques mots?

 

Hello. Donc moi c’est Amélie, Nasty, ou Nasty Nurse!

J’ai commencé le roller derby à Rennes en septembre 2010, et j’ai fait mon premier match 1 an après mon inscription. J’ai intégré l’équipe de France en 2013, et c’est en 2016 que j’ai décidé de rejoindre les Paris Roller Girls pour deux saisons. Après un court retour chez Roller Derby Rennes en ce début de saison me voilà à Malmö depuis février où j’ai pu rejoindre l’équipe A avec laquelle je vais jouer mes premiers matchs ce week-end pour le championnat de Suède ( les 6 et 7 avril 2019).


Du coup la vie en Suède, comment ça se passe pour toi ?

 

J’ai eu un vrai coup de coeur pour cette ville, c’est une ville en bord de mer et l’une des plus grandes de Suède mais elle reste à taille humaine...Tu peux aller à la plage comme au sauna en 15 minutes à vélo. Toutes les personnes que je connais vivent dans mon quartier, et il est un peu hipster et fun. Je suis arrivée au moment de l’année où les jours rallongent et où il commence à faire vraiment beau, et dès qu’il y a du soleil tu croises tout le monde à vélo...Je me plais vraiment ici (rires) et l'accueil a vraiment été top, mais je côtoie principalement des gens du derby. Je sais que c’est beaucoup plus compliqué pour les personnes avec qui je suis mes cours par exemple, qui sont là depuis 6 mois, et qui ont du mal à sympathiser avec des suédois.e.s

Niveau projet, j’ai commencé à prendre 3h30 de cours de suédois tous les matins dès la semaine de mon arrivée pour que ce soit plus facile professionnellement.

 

Et au niveau de l'équipe, comment se passe ton intégration ?

 

J’ai été mise sur le charter de l’équipe A avant même mon arrivée... Mais comme j’ai atterri un peu tardivement dans la saison, j'ai commencé par faire deux matchs avec l'équipe B pour avoir un peu de temps de jeu et me familiariser un peu avec les équipes. Le premier match ici, c’était une dizaine de jours après mon arrivée et c’était contre Lille et des filles que je connais! (rires).

Grâce à une modification récente de la fédération suédoise je vais finalement pouvoir disputer le championnat avec la A.  Je pensais jouer mes premiers matchs à l’Eurocup mais du coup ça va être beaucoup plus rapide que ça! Je suis assez contente d’avoir une première étape de préparation avant avec l'équipe, ça tombe plutôt bien.

 

Quels sont les objectifs de l’équipe pour cette saison?

 

Comme l’an dernier, l’objectif est de gagner le championnat en Suède, (objectif atteint) et de se qualifier pour les championnats WFTDA. La qualification cette année va se jouer principalement sur deux gros tournois, déjà l’Eurocup ( qui débute ce vendredi 12 avril à 17h) où l’on va rencontrer notamment Rainy City et Stockholm à nouveau, et le second à Philadelphie, où l’on va jouer Gotham (cri d’excitation !)

 

Crédit photo @camilla Höög

Quelles différences tu as trouvé entre le roller derby français et ce que tu découvres aujourd’hui à Malmö ?

 

Les objectifs ne sont pas les mêmes...Du coup le niveau d’exigence n’est pas le même non plus, en matière d'entraînement et d'implication dans la ligue. Les sélections sont beaucoup plus dures aussi : ici ce sont vraiment les plus performant.e.s qui ont le plus de temps de jeu…. Tu peux être sélectionné.e pour un match et ne pas jouer du tout, ou jouer un seul jam par exemple, du coup chaque entrainement compte.

Après tout peut changer sur un match, suivant ta forme, ton jeu, tes fautes également…

On a au minimum deux entraînements plus un scrimmage par semaine. Tous nos créneaux sont au même endroit, et je suis à 3 minutes en vélo du gymnase! C’est vraiment beaucoup plus confortable.

En terme de préparation physique, il n’y a pas de différence avec la France où cela reste de la démarche individuelle.

 

Le derby, c'était ton premier sport?

 

J’avais déja fait du sport, mais jamais en compétition, encore moins pour du haut niveau. J ’ai fait 10 ans de natation, de la planche à voile, du Kayak, et très jeune j’ai aussi fait du patinage artistique.

Quand j’ai vu qu’il était possible de faire un sport sur des quads où la grâce n'était pas la qualité principale et où il n'était pas indispensable de porter un tutu, je me suis dit que c'était pour moi!

 

Comment vois-tu l'évolution du roller derby de manière générale, et pour toi en particulier?

 

Quand j’ai commencé le derby en septembre 2010, on n’avait aucune idée de ce dans quoi on se lançait...Rien que trouver des vidéos était compliqué... Notre premier bootcamp était à Paris en janvier 2011 et on y a appris la base : organiser un match, les règles, les MS…
A titre personnel, j’ai toujours été compétitrice, donc même si j’avais l’esprit fun j’ai toujours mis de l’intensité dans ma pratique. C’était donc la suite logique de postuler en Equipe de France, de rejoindre Paris... Aujourd’hui Malmö est une vraie opportunité.

Plus généralement c’est bien de voir que le Roller derby est de plus en plus reconnu, notamment par la Fédération Française, qu’il est devenu un vrai sport en France tant tactiquement que techniquement alors qu’on a commencé en sautant par dessus des poubelles!

 

Et que penses-tu de l’évolution matérielle ?

 

Je trouve ça génial! Au départ il fallait explorer du côté du hockey ou de l’artistique. Il n’y avait pas autant d’offres à part Riedell alors que maintenant tout le monde peut s’y retrouver.
Personnellement, je reste fidèle à ma platine d’artistique, super-réactive et maniable de chez Roll Line, que j’ai depuis...6 ans. C’est le modèle qui a inspiré la killer qui est leur référence niveau derby.

En terme de matos, je n’ai actuellement plus de sponsors, et du coup  je m’y intéresse moins parce que c’est financièrement vite compliqué, donc je continue avec mes boots et ma platine qui me conviennent très bien! Mais si quelqu’un est intéressé pour me sponsoriser, je prends!

 

 

Crédit photo @camilla Höög 

Tu nous racontes l’histoire de ton derbyname ?

 

J’ai choisi “Nasty Nurse” dans la précipitation, et une américaine avait le même nom. Je me souviens avoir dit à Gara (la Garce)  que de toute façon d’ici à ce que l’on joue des matchs internationaux, on était tranquille… 2 ans après c’était l’équipe de France, et la Coupe du monde a suivi...
Aujourd’hui en France j’ai gardé seulement “Nasty” pour éviter les retours négatifs sur mon travail, mais les anglophones m’appellent plus par mon prénom, ou « Nurse », rarement Nasty … ça sonne différemment pour eux.

 

Comment expliques-tu que beaucoup de joueuses ayant commencé le derby à la même époque que toi aient aujourd’hui arrêté alors que toi non?

 

Il y a autant de raison d’arrêter que de personne qui arrêtent...Certaines construisent une vie de famille, et certaines reprennent d’ailleurs après, et je les admire pour ça !

J’ai jamais perdu la passion pour le derby, toujours via des objectifs. J’ai aussi eu la chance de ne jamais m'être blessée…

Le derby est une activité très chronophage, et ça peut être épuisant. J’ai aussi eu la chance d’avoir un boulot avec lequel je pouvais m’arranger, me libérer du temps pour les matchs, les sélections, ce genre de choses.

 

Enfin, quels conseils apporterais-tu à quelqu’un qui débute?

 

Ne pas se focaliser sur le côté matériel, essayer de rouler le plus possible, aller voir des matchs, regarder des vidéos, essayer de multiplier les expériences, en scrimmage, en UB, aller chercher des sources de motivations diverses et variées.

Le plus important pour quelqu’un qui veut vraiment progresser, c’est la régularité aux entraînements, et d’essayer de s’imposer des objectifs à court et moyen terme. J’ai toujours fonctionné comme ça, j’ai un carnet où je mets des objectifs à court terme réalisables pour ne pas me décourager, et continuer à progresser tous les jours!



Encore un grand merci à la nouvelle numéro 07 de Crime City, que l’on ne manquera pas de supporter à l’Eurocup dès aujourd’hui (gratuitement depuis la chaîne Twitch de la WFTDA) et on l’espère au prochain Champs !

 

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