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★ RENCONTRE AVEC WHY BRO SIRIUS? DES NEW SKIDS DE MONTREAL ★

22 avr. 2020
par My Roller Derby
©Aurélie De Saint Sauveur
©Chris Albright
©Alice Beaubien
©Sean Hale
©Jules Doyle
©Anja Wettergren
©Emi BK Motion Design Editing/Graphics by Alicia Biggley

C'est chez les Rolling Candies d'Amiens et entraînée par sa soeur Mac Rockett (jammeuse aujourd'hui pour la Nothing de Toulouse et en équipe féminine nationale) que Barbara, aka Why Bro Sirius?, fait sa première entrée sur le track il y a 7 ans. Elle en a parcouru du chemin depuis, au sens propre comme au figuré. En 2015, elle s'expatrie à Montréal et gravit une à une les marches qui la mènent au maillot officiel vert néon et rose et au couvre casque de pivot de l'une des équipes de roller derby du top ten WFDTA mondial : les NEW SKIDS ON THE BLOCK!

Avec simplicité et humilité (et avec un accent québecois qu'on lui devine) Barbara, l'une des seules françaises à avoir participé à l'International Wfdta Championship en division 1, nous raconte son histoire dans une échapée belle de l'autre côté de l'Atlantique signée MYROLLERDERBY

 

Bonjour Barbara, commençons par les présentations pour les lecteurs et lectrices qui ne te connaissent pas : Qui es-tu, d'où viens-tu et que fais-tu? 

"On m'appellait Why so sirius? (jeu de mot entre la phrase du Joker et Sirius Black), mais j'ai récemment changé mon nom derby pour Why Bro Sirius? (en l'honneur de mon ancienne capitaine Bro qui a dû arrêter de jouer pour les New Skids). Je viens de plein d'endroits différents, je suis Franco-Chypriote et depuis plus de 4 ans, je suis à Montréal et j'y fais une maîtrise en théâtre".

 

Peux tu nous retracer les principales étapes de ton parcours de joueuse ? 

"Wahou! J'ai commencé le roller derby à Amiens, je jouais pour les Rolling Candies. J'ai commencé en avril 2013 (merci Facebook pour les photos datées). C'est ma soeur Mac Rockett qui m'a fait découvrir ce sport. À l'époque j'étais la seule du quatuor (Mac et son copain Just Dewey et Arkham Fury mon copain) à ne pas faire de derby et je comprenais pas de quoi on parlait pendant nos soirées (rire) alors je m'y suis mise. Il faut aussi dire qu'à l'époque j'avais une déchirure à la cuisse donc c'était pas le moment de commencer un nouveau sport. J'ai toujours fait du sport en compétition et hors compétition (gymnastique, natation, baseball, kayak, danse, judo, cirque) et je me suis toujours blessée beaucoup aussi. Mais jouer avec ma soeur dans la même équipe c'était chouette ; en fait la première fois que je suis allée la voir jouer je tenais la buvette et je me souviens m'être dit : "moi je veux être une joueuse qui aide les jammeuses à passer". A l'époque les assists n'étaient pas vraiment quelque chose de commun.

Bon, après j'ai enfilé des patins et entre ce que je voulais faire et ce que je pouvais faire il y avait une grosse différence (rire). Apprendre à patiner c'est une belle épreuve d'humilité; j'étais vraiment pas bonne. Bref j'ai beaucoup travaillé, je me souviens être allée patiner avec Arkham, Mac et Dewey des heures et des heures en dehors des entraînements. On regardait et analysait beaucoup de games aussi. Au fur et à mesure, j'ai pris plus d'initiatives dans l'équipe et la ligue, surtout quand je suis revenue de ma première "derby revolution". Je suis revenue avec tellement de matériel, c'était un instant magique. Après, avec Arkham on avait envie de partir et d'aller vivre une autre expérience du derby. On a donc déménagé à Montréal. Je me suis entraînée d'août jusqu'en novembre pour faire les qualifications. J'ai été prise en tant que joueuse intermédiaire pour l'équipe B, les Sexpos, et la A, les New Skids. Et maintenant je joue pour les New Skids."

 

Faisons un gros plan sur ton expatriation : peux-tu nous raconter le pourquoi du comment de cette aventure à l'étranger? 

"J'ai toujours eu envie d'aller vivre ailleurs, je sais pas pourquoi exactement mais je pense que rencontrer et vivre une autre culture est ce qui m'a donné le plus envie. Arkham lui voulait y aller pour le travail (il est dans le jeu vidéo). Le départ à été très difficile pour moi car j'ai lâché la compagnie de théâtre que j'avais créée, mon équipe de derby, mes ami.e.s, ma famille, mon travail. Je me suis sentie très seule et en perte d'identité. Quand je suis partie d'Amiens j'étais quelqu'un, quand je suis arrivée à Montréal je n'étais plus personne.

Mais mon compagnon de vie Arkham à été un super pilier pour moi ainsi que nos colocs et au fur et à mesure, je me suis reconstruite. Je suis contente de ce parcours, je sais que je suis pas à plaindre, je suis partie de mon plein gré, et je suis une privilégiée. Je pense que c'est quand même important de témoigner avec sincérité : déménager dans un autre pays, sur un autre continent c'est un rêve certes, mais c'est normal que ça soit difficile, il ne faut pas avoir honte et se culpabiliser de se sentir mal. On perd tout nos repères, ça prend du temps de se reconstruire". 

 

Et c'est quoi de débarquer du jour au lendemain dans une ligue de l'envergure de celle de Montréal? Peux-tu nous dépeindre tes premiers pas dans l'inconnu? 

"Je me suis sentie encore plus personne! D'abord il faut savoir que la saison est complètement différente de la saison française. Je suis arrivée après la mi-août, c'est la off season pour les équipes maisons (la Racaille, les Contrabanditas, les Filles du roi) et pour le Smash Squad (l'équipe réserve). C'est le pic de performance pour les Sexpos (équipe B) et les New Skids (équipe A) donc pas moyen d'intégrer les entraînements de ces équipes non plus et les qualifications sont déjà passées. En gros, la seule chose que je pouvais faire c'était faire le bootcamp qui entraîne les nouvelles et les nouveaux. Donc c'est ce que j'ai fait et c'était vraiment chouette. J'ai été impressionnée de voir comment la ligue de Montréal entraîne les nouvelles recru.e.s. J'ai pu rencontrer un peu les gens, je me suis sentie moins isolée.

Puis, la saison a recommencé en novembre. Je me souviens de ma première pratique de ligue, imaginez un bootcamp où il y a plus de 90 personnes! Tu te sens personne. Tu arrives, tu trouves une place pour te changer, tu parles à personne parce que tu as peur (rire), et tu connais personne et personne ne vient te parler non plus. Il y a tellement de monde, personne ne sait qui tu es et en plus c'était le moment des qualifications pour toutes les équipes et chacune veut une place dans une équipe. Les places sont limitées, le niveau est très élevé, c'est une ambiance de compétition intense. J'ai trouvé ça difficile, j'étais loin de mes Candies, des entraînements à 10 où on prend le temps de discuter à la fin pour tisser des liens. C'était l'usine : tu viens, tu t'entraines et tu repars. J'ai beaucoup pleuré, je me suis mise aussi beaucoup de pression, j'avais peur de ne pas être acceptée, de ne pas être aimée. Je voyais les gens se parler et je me disais que je n'arriverais jamais à être leur collègue. J'étais effrayée.

Honnêtement je ne peux pas dire que mon arrivée était idyllique (rire). Le climat à l'époque était très compétitif, intimidant et difficile. En plus, Arkham était devenu coach des Skids en même temps et j'ai dû me battre sans relâche pour prouver que j'avais ma place dans les Sexpos et les Skids. Finalement, j'ai juste appris que j'avais rien à prouver à personne et qu'il y aurait toujours des gens qui continueraient de penser et dire des choses. Je me souviens que ma teammate Terminate Her m'avait conseillé : "concentre toi sur ce que tu peux contrôler (toi) et lâche prise sur ce que tu ne contrôles pas (les autres)". Ça m'a full aidé. Merci T."

 

C'est un véritable parcours du combattant ce que tu décris ! Quel a été le plus gros challenge? Peux tu nous donner des exemples de difficultés rencontrées au quotidien? 

"L'adaptation à la culture québécoise et celle de la ligue. Il fallait s’adapter à la grosseur de la ligue et à toutes les règles. Je me suis adaptée pour être acceptée. Il y a du bon dans le fait de réfléchir à son comportement et des fois ça m'a trop remis en cause et fait perdre de la confiance, il faut trouver la bonne balance. Quelques anecdotes : pendant les sélections, les coachs m'ont dit que je jouais perso. Au début je comprenais pas car c'était pas vraiment les retours que j'avais eu jusqu'ici. En fait j'ai compris que le style de jeu était différent : chez les Candies, le collectif jouait à la manière de Gotham et Texas donc beaucoup de tracking alors que Montréal avait beaucoup plus de triangles et le pli de ne surtout pas recycler. Les choses ont changé depuis mais j'ai dû comprendre ça pour réapprendre à jouer autrement. 

J'ai aussi appris à devoir aller à la pratique en bus, trouver un sac tout petit et devenir une maîtresse de l’empacketage. Et j'ai eu aussi des difficultés à m’adapter à la langue. On parle pas vraiment français, et je parlais pas vraiment anglais. Donc imaginez la situation de stress : tu essaies de jouer avec des joueuses qui sont trop fortes, alors t'essaies de ne pas être trop nulle, de t'adapter à leur style de jeu et de les comprendre tout court quand elles parlent. Je me souviens une fois K Wow demande en anglais : "do you need to be pumped?" (As-tu besoin d'aide?) j'ai rien compris alors j'ai dit "it's ok" (non, ça va) et Mange à dit un truc qui m'a fait réaliser que je venais sans le vouloir de les envoyer chier. Voilà voilà (rire)."

 

Les NEW SKIDS de Montréal sont majeures sur la scène mondiale du roller derby. Peux-tu nous en dire un peu plus sur les coulisses de cette équipe? 

"Faut comprendre que les spots coûtent cher ici au sens propre (550$CA = environ 360 euros pour la licence et après il y a les voyages, les salles de sport...) comme au sens figuré : il y a beaucoup de personnes qui veulent faire partie des Skids et il n'y a pas beaucoup de spots, le niveau des sélections est de plus en plus élevé et il y a beaucoup de transferts. Chaque membre est complètement passionné par le sport et l’équipe. L'équipe est bilingue, on essaye au maximum de faire en sorte que tout le monde comprenne. C'est un groupe très hétérogène, avec des personnalités très différentes, extraverties et introverties. C'est un cocktail de personnalités engagées, passionnées, inspirantes et compréhensives. J'apprends de tout le monde. Chaque membre est très important, il y a des membres moins connus qui font beaucoup dans l’ombre pour faire en sorte que l’équipe soit de plus en plus compétitive dans une ambiance saine, amicale, reconnaissante et aimante". 

Voici une petite photo qui illustre les Skids. Notre capitaine Bro nous avait demandé de donner quelques mots qui définissent l'équipe selon nous et voilà le résultat: 

 

A quoi ressemble une saison chez les SKIDS? C'est quoi votre calendrier hebdomadaire et annuel? 

"En ce moment, ça ressemble à des entrainements en live : un le dimanche, un le mardi soir, un le mercredi et après des appels vidéos pour parler stratégie tout au long de la semaine. Mais hors confinement, normalement, on a 1 entraînement league le mardi, 1 Skids le mercredi et 1 le dimanche matin (à 7h45 du matin ! ), des meetings et encore des meetings et des workouts. Avant je faisais en sorte que le derby fit (s'accorde) avec ma vie, maintenant je fais en sorte que ma vie fit autour du derby (rire)!  

La saison commence en février par des phases de sélections, les places sont remises en jeu tout le temps. Dans l’année faut réussir à faire des rosters, ce n'est pas parce que tu es dans l'équipe que tu vas jouer. En terme de voyages, c’est 2 tournois dans l’année + un ou deux matchs / scrimmages + Playoffs et Champs (en savoir plus) si on se qualifie, pour l'instant je suis toujours allée aux Champs et j'ai pas envie que ça s'arrête alors je travaille fort. Après c’est la off season à la mi-novembre et là, soit tu prends du poids soit tu prends du poids (du gras ou du muscle, ça dépend des gens (rires)). Faut surtout prendre soin de soi. C'est un moment important de détente et de relâche. Sinon tu burnout".

 

Quelle est ta place au sein de la ligue et de l'équipe en dehors de ton rôle de joueuse? 

"Je suis responsable du comité de l’entraînement de la ligue et coache d’une équipe maison : La Racaille (que j'aime très fort). J'adore aider les athlètes à se développer individuellement et collectivement, tant sur un plan physique que mental. Je pense que tout est aussi important : tu peux être la meilleure, mais si tu entraînes tout le monde vers le bas moralement ça va coûter cher à l'équipe. L'inverse est aussi valable tu peux être une personne très positive pour l'équipe mais si tu ne challenges pas tes collègues tu ne leur permets pas de s'améliorer. Au sein des Skids je suis membre du comité d’entraînement et de stratégies; je m’occupe aussi pas mal d’organiser les petits cadeaux et cartes d’anniversaires et de remerciements. 

Sinon mon rôle dans l’équipe c’est pas mal de parler des choses qui fâchent (rire). L'équipe me décrit comme une personne honnête, entière et qui prend soin des gens. Personnellement j’essaie d’être toujours en pratique, je ne vois pas comment on peut prétendre à une place de leadership si on est pas présent en pratique ; c'est là que tout se joue : la mémoire musculaire, la construction des liens forts dans les moments difficiles, parce que les entraînements nous poussent et qu'on se sert les coudes et qu'on s'encourage et si on dépasse la difficulté des entraînements ensemble alors ça fera la différence sur la track pendant les compétitions. J'essaie aussi d’accueillir les nouvelles, m’assurer qu’elles se sentent bien, leur transmettre les stratégies etc..."

Bro nous avait aussi demandé quelques mots pour décrire nos teammates alors voici ce qui dit mon équipe de moi : 

 

 

C'est quoi ton quotidien à Montréal en dehors du track et de ta vie d'athlète? 

"C’est le bordel (rire)! Entre mes deux jobs et ma maîtrise en théâtre. Je suis sur plusieurs projets artistiques : théâtre, musique : à découvrir sur instagram (j’essai de sortir un album) etc.…et je prends le temps de voir mes ami.e.s c'est full important. Je prend aussi le temps de méditer et faire du yoga. J'essaie d'en faire de moins en moins pour la ligue car j'ai besoin de plus de temps pour moi. Cette année ça fonctionne bien à date". 

 

On l'a évoqué plus tôt, ta soeur Mac Rockett est aussi une mordue du roller derby et joue à un niveau tout aussi elevé en tant que jammeuse pour la Nothing Toulouse et pour l'équipe féminine française. La compétition c'est quelque chose de famille chez les Papamiltiadou? Est ce que vous vous êtes tirées mutuellement vers le haut? Et quelle relation sportive entretenez-vous à plusieurs milliers de km l'une de l'autre? 

"Oui, on a pas mal toujours fait de la compétition. On a surtout fait des compétitions de natation quand on était petites. Pour terminer les entraînements de natation on faisait aussi notre propre compétition : savoir laquelle s’habillerait et sortirait des vestiaires le plus vite! Avec Mac on est des passionnées de derby, on passe beaucoup de temps à parler stratégies, à s’analyser l’une et l’autre et se donner des conseils. On a même un drive avec Dewey aussi où on se partage beaucoup de nos outils de coach.e et de joueuse.

J'ai hâte d'être un jour sur la même track que ce soit pour jouer contre ou avec elle. On s'appelle aussi dans les moments de compétition pour se donner des conseils et se soutenir dans les moments difficiles. Je suis absolument fan d'elle, je la surnome la Bonnie Thunder française ; son jeu est tellement réfléchi, contrôlé; c'est une machine qui a une ressource infinie et ne lâche rien. Un jour on jouera peut-être sous les même couleurs de nouveau, ça serait chouette".

 

On le sait, l'Amérique du Nord est le berceau du roller derby. La discipline y est née et s'y est répandue plusieurs années avant de fleurir aussi l'Europe. Quelles sont aujourd'hui les différences entre le jeu français et le jeu canadien? 

"Je dirai qu'il y a quand même une différence de gabarit. Différence aussi au niveau du coût. Ça coûte très cher ici. En plus c'est dur de jouer car le Canada c'est très grand et les équipes sont beaucoup trop loin. Les équipes les plus proches de notre niveau sont Gotham et Philly, c'est déjà plus de 7 heures de voiture. Je dirais aussi que le derby européen a des joueurs et des joueuses très rapides, avec des bons skills sur patins. Agiles, souples, capables de faire des beaux hits. En Amérique du nord, c'est beaucoup plus sur la stratégie, le placement, le contrôle, la solidité. Les transferts européens qui arrivent dans la ligue ont souvent des très bons skills individuels (Thelma, Pain, Sham, Aïe, Bitter, Blue Butt et j'en oublie sûrement)".

 

Tu nous partages un ou deux de tes meilleurs souvenirs de derby?

J'irais jammer sur vos tombes. Pour le tournoi, on est descendu en bus avec Les Candies d'Amiens et les Léopards Avengers de Caen. C'était fou; en plus on a joué la finale les unes contre les autres. L'ambiance était tellement chouette; c'était compétitif mais ça nous a pas empêché de s'amuser ensemble avant, pendant (même si c'est plus compliqué) et après. Et puis on avait travaillé tellement fort avec l'équipe. Tellement fort ! C'est mon premier souvenir d'une réussite collective. A l'époque, on avait même réussi à gagner contre Lille Roller Girls. C'était fou fou fou, que du bonheur.

Mon meilleur souvenir avec les Skids, c'est la victoire contre Londres aux playoffs 2018. C'était le match d'élimination pour les qualifications aux Champs. Ma soeur et son copain Dewey avaient déjà acheté leurs billets pour aller à la Nouvelle-Orléans et je me souviens m'être dit :  hors de question qu'on n'aille pas aux Champs. Le dernier jam de ce match est sans doute mon jam préféré de toute ma carrière. Pendant un timeout, Arkham est venu nous voir, on s'est concentré sur la piste avec Lau, Cheese, Traz et Falcon, puis le jam a commencé et j'ai commencé à crier : "Champs, Champs, Champs" et on a toutes fini par dire en coeur : "Champs, Champs, Champs" pendant tout le jam. J'adore la pression de ces instants là, c'est ce que je préfère. Et l'osmose entre nous était parfaite.

 

Si tu devais citer tes Héroines de roller derby? 

Mac Rockett (I am cheesy), Bonnie Thunder (Gotham, Rose city, team USA), Juke Boxx (Londres, Barcelone, team USA), Smarty Pants (Texas, team USA), Suzy Hotrod (Gotham, team USA), Bonita Applebomb (Gotham) et Nasty (Crime city, Malmo, team france). Désolé, c'est trop dur de choisir. Et aussi Traz, Bro et Falcon des New Skids qui m'ont véritablement sauvé mentalement dans des moments difficiles.

 

Et la ou les joueuses que tu redoutes le plus sur le terrain? 

Scald Eagle (Denver) en jam (même si honnêtement je redoute surtout l'entraînement car il faut encaisser les coup de Falcon Punch (rire)), Tenacity (Rose City) en offence et Bicepsual (VRDL) en bloquage. 

 

L'action que tu rêves de placer en jeu? 

C'est pas une action mais je rêve un jour de finir une game en réussissant à être, si ce n'est pas fière, au moins satisfaite de moi. 

 

As-tu un ou des rituels de préparation de match? 

"Méditation et écriture sur mon corps".

 

Quels sont tes objectifs sportifs aujourd'hui? 

"Travailler sur mon mental et ma confiance en moi. Absorber mieux les impacts avec mon retour de blessure. Je me suis blessée le lundi avant les playoffs en septembre 2019 et j'ai quand même joué. Je pensais que c'était qu'une grosse entorse. En fait, j'ai joué tout le week-end avec deux ligaments déchirés partiellement, une entorse sur un autre ligament et une déchirure de la malléole. Le dernier match je souffrais énormément et je pense que j'aurais dû arrêter de jouer. Mais je ne savais pas; maintenant si la situation se représentait je ferais plus attention. Je garde un très mauvais souvenir de mon dernier match, j'étais physiquement et mentalement épuisée. La douleur draine beaucoup d'énergie, des fois c'est mieux de savoir s'asseoir pour soi et pour l'équipe. Alors mon objectif c'est de réussir à dépasser les émotions de ces souvenirs, avoir appris des leçons pour le futur et rejouer un match car depuis je n'ai pas joué. Ça me manque, j'adore la pression d'un match surtout si c'est serré."

 

Si tu devais donner un conseil aux joueuses qui rêvent ou s'apprêtent à intégrer une équipe de cet accabit? 

"D'être honnête avec elles-mêmes; il faut vraiment se poser la question est-ce que c'est vraiment ça que je veux? De loin on voit les belles photos, les médailles, les moments de victoire et de réussite, mais pour ça il faut passer par bien des choses moins glorieuses qu'on raconte pas beaucoup et c'est dommage car les échecs ça nous forme autant que les réussites. Faut savoir s’écouter. Savoir ce qu’on est capable de sacrifier. Savoir aussi reconnaître les bons moments et les gens qui nous portent plus que ceux qui nous freinent. Il faut être patient et indulgent envers les autres mais surtout envers soi-même. Et il faut s’entourer de petits rayons de soleil. Il faut décompresser et ne pas trop se prendre au sérieux même si ça empêche pas de travailler fort. Moi mon secret c'est mes anciens colocs Alex, Martin et Didier ; ils ne sont pas dans le derby et de les voir souvent pour décrocher et me rappeler que j'existe aussi en dehors du derby ça m'aide". 

 

Des expressions sur le track exclusives au derby Québecois? 

"On dit : La track, la pratique, le tape, le banc des punitions ou encore la boite de pénalités, le peloton etc...mais pour vrai on parle surtout anglais (rire)"

 

Pour finir cette interview, as-tu un ou plusieurs messages à faire circuler? 

"Oui, un gros merci à toutes mes anciennes teammates des Candies et mes coachs qui m'ont tellement apporté; je vous aime de tout mon coeur. Un gros merci à mes anciennes rivales qui m'ont poussé à devenir meilleure, LRG, CAEN, LUTÈCES et NAMUR (y en a plein d'autres mais ces équipes là m'ont particulièrement marquée). Merci à Sucker Punch pour la Derby Revolution qui m'a donné du rêve. Et merci à ma ligue et mes teammates de me supporter. Merci à Myrollerderby, c'était difficile de répondre à tout ça. Ça faisait crissement peur. Et tout ce vous faites pour la communauté derby c'est vraiment chouette. Merci à vous qui avez pris le temps de lire. Ce n'est peut être pas glorieux et c'est laborieux comme lecture, mais j'ai essayé d'être honnête dans mon partage. Je suis très heureuse de mon choix d'avoir donné une chance à mes rêves de s'accomplir.

Prenez soin de vous tous et pas qu' en ce moment mais tout le temps car on joue toujours mieux quand on donne et reçoit de l'amour. 

Et bim super pouvoir, derbysou!"

 

Why Bro Sirius 

 

©Alice Beaubien / ©Anja Wettergren / ©Aurélie De Saint Sauveur / ©Chris Albright / ©Jules Doyle / ©Sean Hale / ©Emi BK Motion Design Editing/Graphics by Alicia Biggley

 

 

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